Soyez les bienvenus sur le blog de la MISSION SAINT HILAIRE D'ARLES...... Prions pour tous les Chrétiens persécutés à travers le monde pour leur Foi en Jésus-Christ.....

jeudi 29 décembre 2016

Une vie nouvelle avec Dieu.

Toutes mes sources sont en toi ! (Psaume 87, v. 7).


Notre Seigneur ne rafistole jamais nos vertus naturelles, il renouvelle tout en nous, de l’intérieur. « Revêtez l’homme nouveau », c’est-à-dire mettez le vêtement digne de votre nouvelle vie. La vie que Dieu introduit en vous s’épanouit en vertus nouvelles, non celles d’Adam, mais celles de Jésus-Christ.

Dieu flétrira votre confiance en vos vertus naturelles, quand il vous aura sanctifié. Vous ne vous confierez plus en votre force de caractère, vous apprendrez à puiser toutes vos ressources dans la vie de Jésus-Christ ressuscité. Si vous connaissez une période de sécheresse intérieure, remerciez-en Dieu.

La disparition de la confiance que nous avions en nos vertus est le signe que Dieu travaille en nous. Nos vertus naturelles ne sont pas les promesses d’une perfection future, mais les vestiges de ce que nous aurions été sans la chute.

Et pourtant nous nous cramponnons à ces débris, alors que Dieu essaie de nous faire découvrir la vie de Jésus-Christ. Il est bien triste de voir des chrétiens s’accrocher à ce qui ne leur vient pas de la grâce de Dieu, mais des hasards de l’hérédité. Dieu ne peut pas restaurer nos vertus naturelles, car elles ne sauraient réaliser à aucun degré l’idéal de Jésus-Christ. Ni l’amour naturel, ni la patience naturelle, ni la pureté naturelle ne peuvent être suffisants pour ce que Jésus exige de nous.

Mais si chaque élément de notre être est en harmonie avec la vie nouvelle que Dieu a mise en nous, il créera en nous les vertus qui caractérisent le Seigneur Jésus lui-même.


mercredi 28 décembre 2016

Ne pas abandonner.

Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent, et ils n ‘allaient plus avec lui. (St Jean 6, v. 66).


Supposons que Dieu, par son Esprit ou une parole de l’Écriture, vous révèle ce qu’il attend de vous et que vous perceviez cet appel. Si par la suite vous désertez, vous serez dominé par d’autres manières de voir situées aux antipodes de la pensée du Seigneur.

Peut-être dites-vous en pensant à quelqu’un : «Si avec de telles idées il prospère, pourquoi ne serais-je pas comme lui ?». Votre devoir est de marcher à la lumière de la Révélation que Dieu vous a donnée. Vous n’avez pas à vous comparer aux autres, ni surtout à les juger, car c’est leur affaire et celle de Dieu. Quand vous vous apercevez qu’une manière de voir qui vous est chère est en désaccord avec la vision céleste, et que vous hésitez entre les deux, vous voyez se développer en vous certaines tendances – le sentiment de vos droits et de votre valeur personnelle – choses dont Jésus-Christ n’a rien à faire. Il a toujours considéré cela comme la racine de l’inimitié contre lui.
« La vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance. » Si nous ne comprenons pas cela, c’est que nous n’avons pas réalisé le sens profond de l’enseignement du Seigneur.

Nous nous plaisons à regarder en arrière, et à nous remémorer les merveilleuses expériences que nous avons faites. Or, si vous refusez d’obéir à un seul commandement du Nouveau Testament révélé par la lumière de Dieu, vous êtes sur la mauvaise pente. Cela prouve que votre conscience n’est plus docile à la vérité. Le moment est venu de vous décider à être un vrai disciple de Jésus-Christ, ou un déserteur.



lundi 26 décembre 2016

Livrer bataille.

Israël, si tu reviens, si tu reviens à moi, dit l’Éternel… (Jérémie 4, v.1).

La bataille se perd ou se gagne dans le domaine invisible de ma volonté, et non pas sur la scène du monde. L’Esprit de Dieu s’empare de moi et là, seul avec Dieu, je dois livrer bataille. Tant que je ne l’ai pas fait, je suis sûr d’être vaincu à chaque fois. La bataille peut durer une seule minute, ou une année, cela dépend de moi, non de Dieu. Il faut que je passe résolument par l’enfer du renoncement, en sa présence. Rien n’a de pouvoir sur l’homme qui a combattu et vaincu en présence de Dieu.

Si je me dis : « J’attendrai le moment critique, alors je mettrai Dieu à l’épreuve » , je m’apercevrai vite que cela ne peut pas marcher. La question doit être réglée entre Dieu et moi dans le secret de mon cœur, là où personne ne peut intervenir. Alors, je pourrai avancer avec la certitude que la victoire est acquise. Mais, si elle est perdue sur ce terrain, la déroute est certaine. La raison de ma défaite, c’est que j’ai voulu gagner d’abord la bataille dans le monde extérieur. Il faut d’abord remporter la victoire devant Dieu.

Quand vous avez à aider les autres, poussez-les à faire acte de volonté. C’est par là que commence l’abandon. Parfois – rarement cependant – Dieu nous place dans une situation cruciale. C’est alors que nous sommes mis en demeure de nous décider pour ou contre lui. A partir de ce moment-là, ou bien nous nous enliserons dans une vie chrétienne toujours plus engourdie et inutile, ou bien nous serons toujours plus ardents à faire : Tout pour qu’il règne.



dimanche 25 décembre 2016

Marcher dans la lumière.

Si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière… le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. (1 Jean 1, v. 7).

Ne nous y trompons pas. Ne pas se sentir pécheur et être délivré du péché par l’Expiation sont deux choses différentes. Personne ne peut savoir vraiment ce que c’est que le péché, avant d’être né de nouveau. Le péché, c’est ce que Jésus a affronté au Calvaire. La preuve que je suis délivré du péché, c’est que je connais sa véritable nature, telle qu’elle existe en moi. pour qu’un homme comprenne ce qu’est réellement le péché, il faut que se manifeste en lui le résultat suprême de l’Expiation de Jésus-Christ : qu’il soit rendu participant de sa perfection absolue.

Le Saint-Esprit nous met au bénéfice de l’ Expiation , dans les régions inconscientes de notre esprit aussi bien que dans les régions conscientes. C’est seulement quand nous saisissons la puissance incomparable de l’Esprit en nous que nous comprenons le sens de cette parole : « Le sang de Jésus-Christ nous purifie de tout péché. »

Il ne s’agit pas seulement du péché conscient, mais de ces profondeurs subtiles et effrayantes du péché que seul le Saint-Esprit peut sonder.

Si je marche dans la lumière comme Dieu est dans la lumière – (non pas dans la lumière de ma conscience, mais dans la lumière de Dieu) – si je marche ainsi, sans rien cacher, j’ai soudain cette extraordinaire révélation: le sang de Jésus-Christ me purifie de tout péché, de sorte que le Dieu Tout-puissant ne voit plus rien de répréhensible en moi. Cette révélation s’accompagne, dans ma conscience, d’une connaissance aiguë et pénétrante de la vraie nature du péché. L’amour de Dieu, qui est à l’œuvre en moi, me fait haïr, avec toute la puissance du Saint-Esprit, tout ce qui n’est pas conforme à la sainteté de Dieu. Marcher dans la lumière, c’est rester toujours davantage dans le rayonnement de la lumière.



vendredi 23 décembre 2016

Message de Noël 2016.





Noël, quand même !

C'est ce que je suis tenté d'écrire cette année...
Noël est une période d'Espérance, dit-on. Et pourtant, dans notre beau pays de France, la barbarie et le fanatisme religieux d'une religion rétrograde et qui amène le chaos, se sont installés : Paris, Nice et Berlin, à la veille de Noël. Il s'en est suivi des drames humains, des morts, des deuils pour les familles. D'autres ont été grièvement blessés dans leur corps et dans leur âme, et resteront marqués à jamais....
Des chrétiens sont sauvagement persécutés à travers le monde, la christianophobie augmente dans l'indifférence la plus totale.

Alors, dans un tel contexte d'incertitudes, comment espérer ?
Et pourtant, par sa venue parmi nous à travers la naissance de Jésus-Christ, Dieu nous montre cette lumière au bout du tunnel qui laisse entrevoir un monde meilleur, loin de la violence et de la pauvreté. Comment peut-on encore mourir de faim au 21ème siècle ?

En France, 2017 verra l'élection d'un nouveau Président de la République et les Législatives. On peut espérer que vont reculer le chômage, la délinquance, le fanatisme religieux, la pauvreté, les inégalités. Il est certain que, lorsqu'on voit des élus faire la sieste après le repas du midi sur le plan des assemblées de notre pays, on a de quoi se faire du soucis. Ce sera donc pour les Français, le grand moment de prendre leurs responsabilités et de se donner la peine d'aller voter, et de faire le bon choix !

Donnons-nous la peine de prier dans nos maisons et de donner la première place à Dieu. tournons le regard de nos familles, nos amis et nos voisins vers Dieu. Je suis certain que l'Espérance grandira.

Je veux penser aux personnes seules, aux malades, aux personnes âgées et, sans oublier, nos soldats qui sont loin de leurs foyers.

A l'approche de Noël et de la nouvelle année 2017, mes meilleurs voeux vous accompagnent toutes et tous.
Puisse le Seigneur vous bénir en abondance.

+ Right Rev. Serge Burglé
Diocèse Missionnaire de France.


mercredi 21 décembre 2016

Le Père nous appelle...

Nul ne peut venir à moi, si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. (St Jean 6, v. 44).

Quand Dieu m’attire à lui, la question qui se pose à moi aussitôt est celle-ci : Vais-je répondre à la révélation que Dieu me donne ? Vais-je aller à Lui ?

Mais en pareille matière, toute discussion est déplacée. Quand Dieu vous parle, n’en discutez avec personne. Croire n’est pas une démarche intellectuelle. Croire est un acte personnel par lequel je m’engage délibérément. Suis-je prêt à me décharger complètement sur Dieu, et à m’abandonner à lui pour faire ce qu’il me demande ? Si oui, je découvrirai que je suis sur le roc de la Réalité, aussi ferme que le trône-même de Dieu.
En prêchant l’Évangile, faites toujours appel à la volonté. La foi doit être la volonté de croire. Croire, c’est abandonner sa volonté à Dieu, et non céder à une puissance de persuasion. Je me jette à l’eau, abandonnant toute confiance en ma propre expérience, me confiant uniquement en Dieu, et le prenant au mot. Le malheur est que je me fie beaucoup plus à mon intelligence qu’à Dieu. Dans le domaine des sentiments, il faut que je marche à tâtons, sans rien voir ni sentir. Je dois faire triompher en moi la volonté de croire, et cela ne peut se faire que par un violent effort de ma part, pour me séparer de mes anciennes convictions, et m’accrocher à Dieu.

L’homme est fait pour aller beaucoup plus loin qu’il ne peut le concevoir lui-même. C’est Dieu qui m’attire à lui, et ma relation avec lui est personnelle et non intellectuelle. C’est grâce à l’action miraculeuse de Dieu qui vient au secours de ma volonté de croire, que les choses s’éclairent peu à peu, et je suis émerveillé du résultat.




dimanche 18 décembre 2016

Donner un message au pécheur..

Je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. (St Matthieu 10, v. 34).

Ne témoignez pas de compassion à une personne dont la situation actuelle vous fait penser que Dieu est dur envers elle. La bonté de Dieu, au contraire, surpasse tout ce que nous pouvons concevoir, mais parfois nous devons être bourrus afin qu’il puisse manifester sa bonté. Si quelqu’un ne parvient pas à s’approcher de Dieu, c’est qu’il a en lui un interdit qu’il ne veut pas abandonner !

« Je reconnais que j’ai mal agi, mais je n’ai absolument pas l’intention d’abandonner ce que vous prétendez être un interdit. »

Il n’est pas possible d’avoir pitié de celui qui tient un tel raisonnement. Il faut que nous creusions jusqu’à la racine, même s’il y a opposition à notre message. On veut bien la bénédiction de Dieu, mais on refuse de sacrifier son péché.

Si Dieu se sert de vous, dénoncez impitoyablement le péché que Dieu a révélé. Coupez jusqu’à la racine, sinon il ne pourra pas y avoir de guérison. Faites pénétrer le message de Dieu, jusqu’à ce qu’il soit impossible de ne pas en tenir compte. Prenez les gens comme ils sont, afin de les rendre conscients de ce qui leur manque, puis dressez devant eux la volonté de Christ pour leur vie. Ils diront peut-être :
« Nous ne pourrons jamais atteindre cet idéal » – « C’est pourtant la volonté de Jésus-Christ ! » – « Mais comment pouvons-nous y arriver ? » – « Vous ne pourrez jamais, à moins d’avoir un Esprit nouveau » (St Luc11, v.13).

Pour que votre message soit utile, il faut que ceux à qui il s’adresse éprouvent déjà le besoin du salut. Il y a des milliers de gens dans ce monde, qui sont heureux sans Dieu. Pourquoi Jésus est-il venu si on peut être bon et heureux sans lui ? Parce que cette sorte de bonheur et de paix n’est pas authentique. Jésus-Christ est venu pour détruire toute fausse paix qui n’est pas fondée sur une communion personnelle avec lui.



samedi 17 décembre 2016

Homélie du 4ème dimanche de l'Avent 2016.






Le 4e dimanche de l'Avent que nous célébrons aujourd'hui nous rapproche du grand événement que nous attendons : la Fête de Noël. Des signes visibles et lumineux dans notre ville montrent combien nous attendons avec joie cette fête de famille. Les rues de nos villes et de nos villages ont pris un air de fête. Dans les magasins, c'est la ruée vers les cadeaux. Chacun veut partager sa joie avec les autres. Pour nous chrétiens, au-delà de cette effervescence de la grande fête de fin d'année, Noël signifie la présence de Jésus parmi nous. C'est le Sauveur qui vient nous visiter, celui que nous attendons depuis le début du temps de l'Avent. Sa venue parmi nous est une bonne nouvelle qui doit être annoncée à tous, en particulier aux pauvres, aux exclus, à tous ceux et celles qui n'ont plus d'espérance.
La liturgie de ce dimanche oriente notre regard vers une jeune fille de Nazareth, appelée Marie. Elle a vécu la plus grande aventure de l'humanité, celle de Dieu venu dans notre chair. Dans l'évangile de l'Annonciation, l'Ange Gabriel se rend chez Marie pour lui annoncer qu'elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Marie pouvait ne pas l'accepter. Car, lorsque Dieu confie une mission à l'homme, il ne lui impose rien. Il respecte sa liberté. Avant de l'accepter, Marie cherche tout simplement à comprendre comment cela serait-il possible parce qu'elle était encore vierge. L'ange lui répond : « L'Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. » Finalement, Marie accepte en prononçant ces simples paroles : « Je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi selon ta parole ».
Cet accord de Marie, son adhésion et sa confiance en la promesse de Dieu nous donnent l'occasion de réfléchir sur notre vocation des chrétiens. A quoi sommes-nous appelés dans l'Eglise et dans le monde ? Si Marie donne au monde le Fils de Dieu, les chrétiens le portent et l'installent au cœur de leurs vies, au-travers de leurs joies et peines, de leurs espoirs et angoisses. Aujourd'hui encore, le Seigneur continue à appeler des hommes, des femmes et même des enfants. Ce n'est plus par l'Ange Gabriel qu'il intervient dans notre vie. Il nous rejoint dans les diverses circonstances par les personnes qu'il met sur notre route. Nous sommes choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse et sa justice. Dans ce monde troublé, c'est plus que jamais nécessaire.
Comment Dieu nous confie-t-il aujourd'hui de nouvelles missions ? En effet, Dieu a besoin de nos mains pour continuer les siennes. L'Eglise est un chantier où chacun doit apporter ses outils et son talent. Sans la participation volontaire de chacun de nous, comment serait-il possible, par exemple, que cette église soit embellie ? Comment pourrions-nous former un chœur de ceux qui chantent bénévolement pour Dieu ? Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Sans équipe liturgique, sans lecteurs et groupes de partage biblique, comment la Bonne nouvelle de Jésus serait-elle annoncée et répandue ? Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager : sans les bénévoles au service de la charité chrétienne, comment saurions nous nous organiser pour offrir tant soit peu une aide aux démunis de notre communauté ?  Quelle que soit la mission qu'il nous confie, Dieu nous invite à lui dire oui, pourvu que nous sachions identifier le service qu'il attend de nous. Chacun de nous en est capable.
Et à l'instant où nous disons oui, comme Marie, c'est une grande aventure qui commence. Il n'y a pas de plus grand honneur pour les hommes que d'être les serviteurs de l'amour de Dieu. Marie n'a pas suivi d'autre chemin. Elle a été la servante du Seigneur ; et aujourd'hui, elle nous dit : « Faites tout ce qu'il vous dira ». Sommes-nous prêts à porter Dieu en nous et à l'offrir au monde ? Lorsque nous nous rendons auprès d'une personne malade ou dans le besoin, dans l'angoisse, dans le deuil, dans la tristesse et dans tout autre souci de la vie, alors nous pouvons oser dire que nous lui apportons la Bonne Nouvelle de Jésus. Comme Marie, allons, nous aussi porter Jésus Christ au monde, à notre monde qui cherche la paix et le bonheur et qui malheureusement est souvent troublé par la violence et par toute sorte de mal que les hommes engendrent eux-mêmes par égoïsme.




mercredi 14 décembre 2016

Dispenser la Parole de Dieu.

Efforce-toi de te présenter devant Dieu comme un homme éprouvé, un ouvrier qui n’a point à rougir, qui dispense droitement la parole de la vérité. (2 Timothée 2, v. 15).

Si vous éprouvez des difficultés à exprimer votre pensée sur un point quelconque, faites des efforts jusqu’à ce que vous y parveniez. 

Si vous ne le faites pas, quelqu’un, par votre faute, sera spirituellement appauvri jusqu’à la fin de ses jours. Efforcez-vous de vous expliquer à vous-même quelque vérité divine, et Dieu se servira de cette réflexion pour éclairer quelqu’un d’autre. N’ayez pas peur du pressoir de Dieu où sont écrasés les raisins de sa vigne. Il faut vous efforcer de trouver les mots justes pour exprimer ce que vous avez vécu vous-même, et le moment viendra où ce que vous exprimez sera comme un vin généreux fortifiant une personne éprouvée. Mais, si la paresse vous fait dire : « Je ne vais pas me fatiguer à exprimer ces choses moi-même, je dirai ce que d’autres en ont dit » , non seulement ce que vous direz ne vous sera pas bénéfique, mais cela ne fera de bien à personne. Trouvez vos propres mots pour communiquer ce que vous croyez être la vérité de Dieu, et vous lui permettrez ainsi de la transmettre à quelqu’un d’autre.

Exercez votre esprit à réfléchir, même aux vérités qui vous semblent évidentes. Une conviction n’est vraiment personnelle que si nous avons souffert pour l’acquérir. Celui qui vous fait du bien n’est pas celui qui vous apprend ce que vous ne saviez pas auparavant, mais celui qui vous donne l’explication claire d’une vérité qui préoccupait votre esprit, et que vous n’arriviez pas à exprimer.



samedi 10 décembre 2016

Homélie 3ème dimanche de l'Avent.




La joie ! Gaudete, tel est le nom que porte le 3ème dimanche de l’Avent. La couleur rose des ornements liturgiques de ce jour est le signe de cette joie. En effet, au cœur de la veille et de la préparation du chemin pour la venue du Seigneur, nous commençons à voir poindre l’aurore d’un jour nouveau, une aube nouvelle.
Un jour nouveau commence à poindre car «le Seigneur est proche» (Ph 4,5) comme nous le dit saint Paul et comme l’annonce déjà le prophète Sophonie : Dieu danse avec son peuple, (cf. So 3,17). Il est en nous et Il met en nous sa joie et son allégresse. Voilà pourquoi nous pouvons, comme saint Paul, rendre grâce en toute circonstance et adresser à Dieu, qui se laisse découvrir comment étant tout amour, amour gratuit totalement offert, nos demandes.
Dans notre société d’aujourd’hui, il parait peut être incongru de parler de la joie, d’une joie profonde parce que Dieu est amour… L’amour est tant de fois blessé au cœur même de notre humanité. Amour, ce mot tellement galvaudé, défiguré, dénudé de son sens profond. Il semble être aujourd’hui tellement matérialiste, signe de bien-être apparent, de joie instantanée, de plaisir déviant voir de souffrance… et pourtant c’est bien la Bonne Nouvelle que nous avons à vivre et à annoncer : l’Amour est possible quelque soit mon état de vie, quelque soit l’état de ma vie.
L’Amour est là au plus profond de mon cœur, là où Dieu lui-même a fait sa demeure. Qui que je sois, j’ai accès à cet Amour, j’ai accès à cette rencontre avec Dieu, à cet intimité que le Seigneur m’offre à chaque instant…
Les deux premiers dimanche de l’Avent, nous ont indiqué l’attitude à tenir pour rencontrer cet Amour et en vivre. Nous avons été invités à veiller et à prier puis à préparer le chemin du Seigneur, à rendre droit ses sentiers.
Veiller est une attitude d’attente active, de vigilance. Veiller c’est « être en attente » comme le peuple accourant auprès de Jean le Baptiste. Oui, il s’agit d’attendre le retour du Christ, donc de prendre conscience que Noël n’est pas que l’anniversaire d’un évènement passé mais qu’il est aussi l’avènement d’une réalité qui se passe aujourd’hui. Cette veille se fait en tout premier lieu par la prière, cet élan du cœur, ce simple regard jeté vers le ciel, ce cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie. Telle est la définition de la prière donnée par Ste Thérèse de l’Enfant Jésus en son manuscrit autobiographique (C,25r°).
Pour cela, il me faut donc préparer un chemin au cœur de ma vie que la Parole de Dieu pourra emprunter. Il me faut tracer une route qui conduit au fond de mon cœur, notre centre caché, siège de la vérité, lieu de l’Alliance, de la présence de Dieu. Préparer le chemin au Seigneur, c’est donc tout simplement ouvrir ma vie à cet amour, ouvrir la porte de mon cœur et entendre Dieu me dire, dans le silence, « Tu es mon enfant bien aimé, en toi, j’ai mis tout mon amour. » (Cf. homélie de dimanche dernier)
De cette présence cachée, de cette source cachée que je découvre alors au plus profond de moi-même, au plus profond de mon humanité, peut sourdre la joie, la joie véritable. Dieu est bien proche de moi, bien proche de son peuple, bien proche de sa création. Il est là, il chante et danse son amour… comme le doux murmure d’un fin silence. Saurai-je l’entendre et le reconnaître comme le prophète Élie ? Oserai-je m’approcher de ce feu qui brûle sans consumer, tel Moïse devant le buisson ardent ? Oserai-je accueillir cette visite de Dieu dans la tente de ma vie, comme Abraham a accueilli les trois visiteurs ? Oui, la conversion à laquelle nous invite Jean le Baptiste dans l’évangile est bien celle d’oser nous approcher de Dieu qui est si proche de nous, qui est au plus profond de nous-même par la pure gratuité de son amour.
Accepter de faire ce chemin, c’est découvrir cet ami qui est là en tout temps, dans le calme de la traversée comme dans la tempête, dans la luxuriance de l’oasis comme dans le désert… Voilà ce qu’est la fête de Noël ! C’est d’abord l’accueil du Christ dans ma vie.
«Oui, mais je ne peux pas… vous avez vu l’état de ma vie ?» et alors, pourquoi avoir peur de lui présenter la paille de ma vie ? Jésus est né dans un crèche… il ne cherche pas un palais somptueux… Il est là, il se tient à la porte et il frappe. Si je lui ouvre, il entrera… (Ap 3,20).
Puissions-nous être les témoins de cette Bonne Nouvelle, que notre monde retrouve la joie véritable de la fête de Noël et n’oublie pas d’ouvrir la porte au Seigneur qui est là et qui frappe. Ainsi, le lendemain de fête n’aura pas un goût de gueule de bois, mais celui de la joie, la joie profonde, la joie de Dieu, la joie du Sauveur, de l’Emmanuel, Dieu avec nous. Amen.


jeudi 8 décembre 2016

Entièrement à Dieu.

Ceux qui sont à Jésus-Christ ont crucifié la chair, avec ses passions et ses désirs. (Galates 5, v. 24).

La vie naturelle n’est pas en elle-même une vie de péché. Le péché, lui, est une abomination dont nous devons être entièrement purifiés. Nous ne devons plus rien avoir de commun avec lui. Le péché est du domaine de l’enfer et du diable. Nous, comme enfant de Dieu, nous sommes du ciel, nous dépendons de Dieu.

La question primordiale n’est pas que j’abandonne le péché, mais que j’abandonne mon droit sur moi-même, mon indépendance naturelle et mon assurance orgueilleuse. C’est là que la lutte s’engage. Ce sont les choses justes, nobles et bonnes aux yeux de l’homme naturel, qui nous empêchent d’accéder à ce que Dieu considère comme meilleur. Lorsque nous nous rendons compte que les vertus naturelles nous empêchent de nous abandonner à Dieu, nous livrons le plus grand combat que le chrétien puisse connaître. Bien peu, parmi nous, se laissent entraîner vers ce qui est sordide, vil et franchement mauvais. Mais, en nous, le bon est aux prises avec le meilleur. Plus nous nous élevons sur l’échelle des vertus humaines, plus nous nous opposons intérieurement à Jésus-Christ.

« Ceux qui sont à Christ ont crucifié la chair ». Ce n’est pas un fragment de votre nature humaine qui doit être crucifié, mais toute votre nature.
Jésus a dit : « Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même », c’est-à-dire à tous ses droits sur lui-même. Pour consentir à ce renoncement, il faut avoir découvert qui est réellement Jésus-Christ. Ne reculez pas devant le sacrifice de votre indépendance.

« L’homme naturel » n’a rien de spirituel, et pour qu’il le devienne, il faut qu’il soit offert en sacrifice. Si nous n’acceptons pas résolument de sacrifier le  naturel , le surnaturel ne pourra jamais s’incarner en nous.


mardi 6 décembre 2016

Se repentir.

La souffrance conforme au dessein de Dieu produit une repentance salutaire, dont on ne se repent pas. (2 Corinthiens 7, v. 10).

La conviction de péché est un sentiment qui saisit rarement le cœur de l’homme. C’est pourtant la porte qu’il faut franchir pour connaître Dieu. Jésus dit que lorsque le Saint-Esprit viendra, il convaincra de péché. Quand le Saint-Esprit éveille la conscience d’un homme et le met en présence de Dieu, ce ne sont pas ses relations avec les hommes qui le tourmentent, mais sa relation avec Dieu.

«J’ai péché contre toi, contre toi seul, et j’ai fait ce qui est mal à tes yeux». La conviction du péché, le miracle du pardon et la sainteté, sont si étroitement liés, qu’on peut affirmer que l’expérience du pardon conduit à la sainteté. Celui qui est pardonné en donne la preuve en changeant de vie, par la grâce de Dieu. On peut éprouver du remords de ses erreurs, être dégoûté de soi-même, mais la véritable repentance nous amène toujours à dire : «J’ai péché». Lorsqu’un homme le dit de tout son cœur, il est certain que c’est Dieu qui a agi en lui.

L’accès au Royaume de Dieu passe par les angoisses de la repentance qui réduit à néant la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. C’est alors que le Saint-Esprit peut commencer à révéler le Fils de Dieu dans notre vie. Cette vie nouvelle se manifeste par une repentance consciente et une inconsciente sainteté. La repentance est la base de départ de la vie chrétienne. A strictement parler, un homme ne peut pas se repentir quand il le veut. La repentance est un don de Dieu. Les vieux Puritains avaient coutume de prier pour «le don des larmes». Si vous cessiez de connaître la vertu de la repentance, vous seriez dans les ténèbres. 
Examinez-vous pour voir si vous savez encore ce que c’est de s’affliger sur son péché.


lundi 5 décembre 2016

Un signe d'alliance.


J’ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d’alliance entre moi et la terre. (Genèse 9, v. 13).

C’est la volonté de Dieu que les hommes entrent en relation étroite avec lui et les alliances qu’il traite avec nous tendent à ce but.

« Pourquoi Dieu ne me sauve-t-il pas ? » demandez-vous. Il vous a sauvé, mais vous n’êtes pas encore entré en rapport avec lui.

3Pourquoi Dieu ne fait-il pas pour moi ceci, ou cela ? ». Il l’a fait, mais la question est celle-ci : vous êtes-vous conformés à ses désirs ? Toutes les grâces de Dieu sont là à notre portée, mais nous ne pourrons les saisir qu’une fois entrés dans l’alliance de Dieu.

Attendre que Dieu se manifeste est le comble de l’incrédulité. Cela prouve que vous attendez qu’il agisse pour croire en lui. Dieu a pris les devants en nous offrant son alliance. Nous devons faire le pas nécessaire pour l’accepter. Il s’agit d’avoir foi en Dieu, de lui faire confiance, et c’est la chose la plus difficile. Nous n’avons vraiment foi qu’en nous-mêmes, en nos propres sentiments… Je ne crois en Dieu que lorsqu’il a mis dans ma main la chose même que je désire. Alors, je proclame : « Maintenant, je crois. ». Ce n’est pas cela, la foi. « Regardez à moi, et soyez sauvés » , dit l’Éternel.

Quand j’accepte réellement les termes de l’alliance de Dieu, et que je m’abandonne à lui entièrement, il n’y a plus en moi aucune idée humaine de mérite, mais je suis submergé par le sentiment d’être entré dans la pleine communion avec Dieu, et tout rayonne de paix et de joie.


dimanche 4 décembre 2016

Discipliner son corps...

Le trône seul m’élèvera au-dessus de toi. (Genèse 41, v. 40).

Je dois rendre compte à Dieu de la manière dont je gouverne mon corps sous sa domination.

Paul dit qu’il ne veut pas « rejeter la grâce de Dieu », la rendre inefficace. La grâce de Dieu est absolue, le salut en Jésus est parfait et éternel. Mon salut n’est pas à venir et je suis sauvé. Le salut est aussi éternel que le trône de Dieu. Ce que j’ai à faire de mon côté, c’est d’élaborer dans ma vie l’œuvre que Dieu accomplit en moi.

« Travaillez à mon salut », c’est là ma responsabilité. Cela signifie que je dois manifester dans mon corps la vie du Seigneur Jésus, non pas d’une manière mystique, mais aussi d’une façon réelle et concrète. « Je traite durement mon corps, et je le tiens assujetti », dit l’apôtre Paul (I Corinthiens 9, v. 27).

Tout chrétien peut discipliner son corps au service de Dieu. Dieu nous a rendus capables de tenir en parfait état ce temple du Saint-Esprit, de gouverner notre imagination et notre sensibilité. Nous sommes responsables de nos affections et nous ne devons jamais laisser entrer dans ce temple des attachements coupables. Nous sommes souvent plus sévères pour les autres que pour nous-mêmes. Nous excusons volontiers nos propres défauts, mais condamnons chez les autres des péchés vers lesquels nous ne sommes pas attirés.

« Je vous exhorte, écrit Paul, à offrir vos corps comme un sacrifice vivant… » (Romains 12, v. 1). Le point important est celui-ci : Suis-je disposé à offrir mon corps pour que Dieu en fasse le Temple du Saint-Esprit ? Tout est là …


samedi 3 décembre 2016

2ème Dimanche de l'Avent. Homélie.



Frères et sœurs,
« Pas de souci ! » On connaît l’expression qui s’est imposée dans le langage courant depuis une quinzaine d’années. Dans les relations entre amis, dans les relations professionnelles, l’expression retentit comme une antienne : « pas de souci ! ». Certes, c’est une des vertus du langage que de rendre, dans nos relations, toute chose agréable. Mais l’expression, bien de notre époque qui se veut toujours positive et politiquement correcte, est très illusoire. Des soucis, nous en avons tous. Dame liturgie le sait bien, qui nous fait demander en ce jour : « Seigneur, ne laisse pas le souci de nos tâches présentes entraver notre marche à la rencontre de ton Fils ». Elle attire notre attention sur ce que nous en faisons et la place qu’ils occupent dans notre vie, notre vie de foi en particulier.
C’est dans ce contexte, qu’en ce deuxième dimanche de l’Avent, retentit une autre expression : « convertissez-vous ! » Le violet, couleur liturgique de la conversion et de la pénitence, ne se porte jamais aussi bien qu’en ce jour, alors que l’Avent se parerait également des autres couleurs liturgiques : le vert, couleur de l’espérance à laquelle invite tout particulièrement, dans son appel à la vigilance, le premier dimanche de l’Avent ; le blanc, couleur de la joie qui sera la marque de dimanche prochain ; et le rouge, couleur de l’Esprit-Saint, qui recouvrira la Vierge Marie, dans cette imminence de la Nativité qui caractérise le quatrième dimanche de l’Avent.
Mais en ce jour, par la bouche de Jean-Baptiste, l’appel à la conversion retentit dans le désert. Laissons-le retentir à nouveau dans nos cœurs ! Que signifie-t-il durant ce temps de l’Avent ? D’abord, les mots (« préparer », « aplanir », « nettoyer ») et les gestes de l’évangile (la vie au désert de Jean-Baptiste, sa vêture et sa nourriture) le disent avec force, la conversion de l’Avent est un retour à l’essentiel, ou plus précisément une recherche de l’essentiel. L’image du tri entre le grain et la paille peut nous aider. Qu’est-ce qui dans nos vies mérite d’être brûlé ou tout au moins laissé de côté et qu’est-ce qui mérite d’être recueilli et cultivé ?
Croire en Dieu nous guide dans cette appréciation et donne de la profondeur à nos vies tout en relativisant certaines choses, certains soucis aussi. La conversion de l’Avent comporte ensuite un appel à écouter plus attentivement l’Ecriture : « prêtez l’oreille ! » Saint Paul le disait : les livres saints ont été écrits « pour nous instruire afin que nous possédions l’espérance grâce à la persévérance et au courage (on pourrait traduire aussi la consolation) que donne l’Ecriture ». Lire l’Ecriture, ce n’est pas ressasser toujours les mêmes histoires mais retourner à la source (il s’agit bien d’une conversion) pour se laisser transformer et aller plus loin.
Dans notre évangile, Isaïe donne à Jean-Baptiste de discerner le moment unique de l’histoire qui se vit, les mots pour dire ce qu’il convient de faire et aux lecteurs de comprendre le geste de Jean-Baptiste (« Jean est celui que désignait la parole transmise par le prophète Isaïe »). L’Avent nous est donné pour relire l’Ecriture. L’huile de notre vigilance est la lecture, patiente, fervente et qui façonne « l’intelligence du cœur » que nous demandions dans la prière d’ouverture de notre messe. Cette intelligence nous donne d’apprécier à leur juste place les soucis qui peuvent assaillir notre cœur.
Troisièmement, l’invective de Jean-Baptiste « engeance de vipère » - lui, ne fait pas dans le politiquement correct - nous invite à vérifier nos points d’appui. En quoi, en qui, dans nos choix, dans nos attitudes, dans notre vie intérieure, faisons-nous confiance ? Jean-Baptiste fustige les pharisiens dont l’assurance est d’être fils d’Abraham. La cognée à la racine de nos arbres nous permet de repérer et de vérifier nos racines. Il y a dans certains de nos soucis des appuis mal établis, quand nous attendons parfois trop des autres ou parfois trop de soi, souvent pas assez de Dieu.
Quatrièmement, Jean-Baptiste nous interroge sur les fruits de notre conversion. Certes, la conversion n’est pas la récompense de ces fruits, certes ces fruits ne sont pas nécessairement abondants ni beaux à voir (il faut l’œil de Jésus regardant l’obole de la veuve pour les apprécier en vérité), mais se convertir c’est accueillir effectivement et donc efficacement la grâce, dans l’action de grâce. C’est le sens de se reconnaître pécheur, pas simplement pour fuir une menace (la colère de Dieu), se réfugier en Dieu pour en obtenir quelque chose, mais reconnaître les errances, les incohérences, les offenses de notre vie et tout attendre de Dieu.
Enfin, cinquièmement, Jean le Baptiste annonce le Royaume tout proche et la venue de Celui qui vient. Quel est le désir profond de notre cœur ? Celui de mieux connaître Dieu comme l’exprime Isaïe : « la connaissance du Seigneur remplira le pays comme les eaux recouvrent le fond de la mer » ? Celui d’éprouver la paix exprimée en terme d’harmonie cosmique (« le loup avec l’agneau ») dans la première lecture ou fraternelle (les « mêmes cœurs et mêmes voix ») de la seconde ? Ces horizons rencontrent-ils en nous un cœur blasé ou un cœur assoiffé, réaliste mais plein d’espérance ? L’épreuve de nos soucis peut nous faire accéder à ces désirs plus ou moins profonds qui habitent notre cœur.
On le voit à travers ce quintette d’orientations ouvertes par notre liturgie de la Parole, l’appel à la conversion durant ce temps de l’Avent nous fait cheminer à la rencontre de celui qui est la lumière et qui a demeuré parmi nous. Lui seul peut nous donner la véritable « intelligence du cœur » de ce que nous vivons, le désir de l’accueillir et de lui faire la place avec les détachements que cela implique, le courage pour le combat et l’espérance…
Et nos soucis dans tout cela ? Nous avons vu en passant que ce chemin de conversion de l’Avent pourra en relativiser certains en les situant à leur juste place et en trouvant les moyens pour y faire face. « Nettoyer, amasser et brûler » dit l’évangile. D’autres au contraire ne disparaîtront pas. Ils sont la trace de souffrances, de combats, de désirs qui nous taraudent en profondeur. Nous en repérons alors les vrais enjeux. Notre foi, mise à l’épreuve, est en même temps le grand appui. L’expérience de ces soucis peut ainsi devenir un lieu pour mieux connaître et mieux compter sur le Seigneur, fidèle et miséricordieux, comme le dit saint Paul. Sa fidélité est là quand nous nous décourageons, sa miséricorde et sa douceur sont plus fortes que nos duretés, nos refus et nos impatiences, son exigence nous retient des capitulations et des compromissions. Que l’appel à la conversion retentissant en ce jour nous encourage, nous réjouisse et nous donne déjà de rencontrer Celui qui vient.
AMEN.


jeudi 1 décembre 2016

La perfection "chrétienne"....

Ce n’est pas que j’aie déjà remporté le prix, ou que j’aie déjà atteint la perfection… (Philippiens 3, v. 12).

Il y a quelque danger à s’imaginer que Dieu veut faire de nous des spécimens accomplis de ce qu’il peut produire. Le dessein de Dieu est de nous unir à lui. Certains mouvements pieux (où les gens se disent des « chrétiens nés de nouveau » et bénéficiant de "dons spirituels") ont tendance à croire que Dieu veut réaliser des saints modèles, qu’il pourrait ensuite exposer dans son musée. En recherchant en premier lieu votre sainteté personnelle, Dieu lui-même n’est pas le but final de votre vie, mais ce que vous considérez être la manifestation de Dieu en vous.

« Cela ne peut pas être la volonté de Dieu que je sois malade puisque j'ai donné mon cœur au Seigneur », diront-ils.... Mais, si la volonté de Dieu a été que son propre Fils soit meurtri, pourquoi ne vous meurtrirait-il pas vous aussi ? Ce qui servira la cause de Dieu, ce n’est pas votre notion de la sainteté, mais une communion intime avec Jésus et votre abandon total à sa volonté que vous soyez bien portant ou malade.

La « perfection chrétienne » n’est pas, et ne sera jamais, la perfection humaine. La perfection chrétienne est une relation intime avec Dieu qui se manifeste à travers les cheminements de la vie humaine. Quand vous obéissez à l’appel de Jésus, vous êtes frappé de l’étrangeté des choses que vous avez à faire, et ensuite de cet autre fait que ceux qui vous entourent semblent vivre sans Dieu et mener une vie parfaitement logique et raisonnable. De telles vies peuvent vous suggérer l’idée que Dieu est inutile, que par des efforts humains et du dévouement on peut atteindre à l’idéal divin. Mais, dans un monde déchu, cela est impossible. Je suis appelé à vivre dans une communion parfaite avec Dieu, de telle sorte que ma vie fasse envie aux autres, sans attirer sur moi l’admiration. Plus je pense à moi et moins Dieu peut se servir de moi.